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FRANÇOIS BAYROU DEMOCRATE ET PATRIOTE ?

bayrou.jpgCHRONIQUE POLITIQUE DE GREGORY GENNARO »

La conférence de presse qu’a tenue Nicolas Sarkozy à l’Elysée ce mardi 8 janvier 2008 n’aura pas laissé indifférent le président-fondateur du Mouvement Démocrate.

François Bayrou a retenu mon attention lors d’une conférence de presse qu’il a animée au siège du MoDem. Il a exprimé un sentiment national et parfois souverainiste proche des idées patriotes. Si je reste septique et méfiant à l’égard de la vision politique des démocrates, il me semble bon d’analyser ces dernières déclarations fortes, pertinentes et source d’inspiration.

François Bayrou s’est exprimé pour dénoncer la gesticulation politique et médiatique du chef de l’Etat en affirmant que « la politique du tournis, pour nous, c’est le contraire d’une vraie politique de réforme » et de dénoncer des « annonces précédant toujours la réflexion, dans une fuite en avant éperdue, où le lendemain perd de vue ce qui a été dit la veille ».

François Bayrou semble ressentir comme une majorité de Français « une impression d’improvisation, d’influences contradictoires, de foucades, toujours assénées sur le même ton volontariste ». Tout aussi dubitatif, le président du Mouvement Démocrate a demandé « où est la logique, où est la cohérence, où est la préparation, où est la négociation préalable ? ».

Enumérant d’une traite le premier bilan général de l’action présidentielle de Nicolas Sarkozy après huit mois de gouvernance, M. Bayrou s’est alarmé du manque de garanties et d’engagement concret en faveur des intérêts des Français comme le pouvoir d’achat, l’emploi, le travail ou le logement. Il ne fait aucun doute qu’il existe désormais de la part des Français une impression de « confusion » et de « désillusions ».

Sur la question de la suppression des 35 heures souhaitée par Nicolas Sarkozy, le troisième homme de l’élection présidentielle de 2007 a envisagé « que si l’on supprime les 35 heures, c’est pour allonger la durée du travail » et a ajouté « et donc on va remplacer des heures supplémentaires, payées 25% de plus, non chargées et non imposées, par des heures normales, payées 25 % de moins, chargées et imposées ».

Sa conclusion politique pour résumer l’action du président en termes d’engagement, de créations d’emplois et de l’augmentation factice du pouvoir d’achat est simple : « si je compte bien, c’est donc travailler plus pour gagner moins ».

François Bayrou n’a pas non plus mâché ses mots contre l’ancien numéro 2 du Medef. Il a chargé Denis Kessler qui vient très récemment de publier une analyse qui cible et vise à « défaire méthodiquement tout ce qui a été fait en France à partir du programme du Conseil national de la résistance ». (1)

M. Bayrou a garantit, face à l’hyperactivité artificielle de la peopolisation de la politique et de la société, que « C’est la sagesse qui aujourd’hui manque le plus » et a dénoncé « Les mots utilisés comme rideau de fumée pour dire le contraire de la réalité ».

Pour clôturer sa conférence de presse, le président des Démocrates s’est exprimé sur la « politique de civilisation » qui provoque tant de remous au sein du politiquement correct. Il a affiché les contradictions de Nicolas Sarkozy entre ses déclarations et ses actes politiques en déclarant notamment : « on dit politique de civilisation, et la réalité est abandon de la civilisation au profit de la société de la force, de l’argent et de la peopolisation ».

Si les déclarations de François Bayrou sur les sujets évoqués sont honnêtes et sincères, elles doivent cependant être prises avec prudence, mais tout de même applaudies et soutenues par les esprits français libres.

Les interrogations du président du MoDem sur l’avenir de la France sont partagées par les patriotes authentiques. Est-ce un appel politique pour attirer patriotes et gaullistes au sein du MoDem ? Est-ce une déclaration honnête provenant du plus profond du cœur de M. Bayrou ? Est-ce une tactique purement politicienne ?

Seul l’avenir et l’Histoire répondront…

Toutefois, je constate avec un certain optimisme qu’il est de plus en plus probable d’envisager, au-delà des divergences d’idées et de postures politiciennes, un débat d’opinion propre au retour d’une « certaine idée de la nation » souhaitée par le Général De Gaulle.

Cet esprit gaullien , axé autour de l’unité française et radicalement opposé aux clans et aux partis politiques, exprime à lui seul cette idée de grandeur de la Nation et de sa culture universelle.

Cette voie visionnaire ouvrira des perspectives d’avenir pour notre Nation. Il s’agit de l’âme de la France et le cœur rayonnant de l’universalisme français en Europe et dans le Monde.

Source :

(1) Extrait du programme du CNR : http://fr.wikisource.org/wiki/Programme_du_Conseil_national_de_la_R%C3%A9sistance

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